L’affiche 2018 : petit texte « explicatif » autour de la création graphique

Nous avons demandé à Cédric Gatillon, graphiste, qui a réalisé les affiches du Festival des Francophonies depuis 2010, de nous donner quelques éléments sur le visuel de cette année.

« Alors que le festival des Francophonies en Limousin célèbre ses 35 ans d’existence, l’affiche rend hommage à ce temps long durant lequel chacun, à travers des propositions artistiques singulières, s’est efforcé de faire résonner la diversité et la créativité des expressions francophones contemporaines du spectacle vivant… et c’est une ambition qui a vocation à perdurer.

Le visuel se veut l’expression graphique d’un événement qui résonne et dont l’énergie se déploie et se propage afin d’habiter à la fois un territoire et des imaginaires. C’est aussi la mise en scène du plaisir de la découverte et la joie de la rencontre qui sont à l’œuvre dans cette image. Les ondes sont colorées. Elles s’interpénètrent et se superposent en douceur. Le visuel revendique cette dimension rythmée et ludique dans laquelle les formes se déploient - non pas à partir d’un seul centre - mais simultanément depuis plusieurs endroits célébrant ainsi la pluralité des regards et des opinions.
Si ces cercles concentriques sont des ondes en expansion, ils sont aussi dans un chemin inverse, des cibles dont le pouvoir graphique est d’attirer l’attention de tout un chacun, en l’invitant à rentrer dans l’image … à participer à cet événement festif.

Au delà de la symbolique du cercle qui est extrêmement riche (confiance, plaisir, union, harmonie, lumière, etc…), on doit voir dans cette combinaison de formes sur l’affiche, une référence contemporaine au travail de cette artiste française d’origine ukrainienne du début du XXe siècle qu’est Sonia Delaunay. À travers ces peintures faites d’enchevêtrement de cercles colorés, elle affichait la volonté délibérée de créer le mouvement par le rythme des formes et les contrastes de couleurs. Par son travail, elle s’est efforcée de briser les frontières entre les arts plastiques, les arts décoratif et les arts appliqués ; en s’investissant dans le domaine de la mode, en réalisant des décors et des costumes de théâtre et de ballets, en explorant l’art de l’affiche et les réalisations éditoriales… Une telle démarche fait naturellement écho à l’engagement et à l’ouverture artistique du festival des Francophonies en Limousin. »

Cédric Gatillon
Graphiste