Ser Barrat Defora

Toujours lié aux services pénitenciers, les francophonies – des écritures à la scène a établit un projet avec le Service Pénitentiaire d’Insertions et de Probation, en lien avec le secours populaire du 87.
Se sont mis en place plusieurs projets, activités et sorties.

A compter du 16 octobre 2024 jusqu’à début juillet 2025, des ateliers autour de la pratique de l’écriture et du théâtre ont été menés par la compagnie Soleil Glacé ; menés par l’auteur et metteur en scène Paul Francesconi sur la partie écriture, et par la comédienne Yaya Mbilé Bitang pour la partie jeu et travail du corps.
Avec un groupe de quatre personnes détenues à la Maison d’arrêt de Limoges, le projet a porté autour des questions relatives à l’enfermement et à la liberté, notions très relatives pour des personnes à la fois directement concernées (des détenus) mais également plus indirectement contraintes (des personnes en grande précarité ou en situation d’isolement social), telles que peuvent l’être les membres du groupe « Francos ». C’est pour cette raison, et en lien avec les personnes du SPIP suivies en « milieu ouvert », que nous avons souhaité nommer ce projet « Ser Barrat Defora », l’occitan pour « être fermé dehors ».
Les ateliers ont débuté en octobre 2024 autour de jeux d’écriture, de mises en situation du quotidien, d’évocation de souvenirs d’enfance ou encore de purs récits de fiction, toujours avec à l’idée la notion d’enfermement : dans un lieu incongru, avec une personne non désirée, dans une temporalité contrainte, etc. Les exercices d’écriture proposés par Paul ont rapidement donné lieu à la mise en voix et en scène au cours des ateliers de jeu proposés par Yaya. Les textes des participants ont constitué la matière et le support de ces temps de répétition, avec des écrits parfois comiques, parfois nostalgiques, parfois incongrus, mais toujours matière à réflexion. La lecture finale du montage des textes des participant·e·s, imaginée et mise en voix par Paul Francesconi, a eu lieu sous la tente berbère de la Maison des Francophonies, le 10 septembre 2025, juste avant le début du festival d’automne. Elle a rassemblé une trentaine de spectateurs·rices, notamment des bénévoles et membres du bureau départemental du Secours Populaire, d’anciens participants aux ateliers, et la DRAC Nouvelle Aquitaine, financeuse du projet. La lecture a été suivie d’un pot partagé avec les participant·e·s, afin de finir ce projet sur une note conviviale avant d’entamer une nouvelle étape de travail en 2025-2026.

Dans le cadre de ce parcours autour de la notion d’enfermement, a été invité la documentariste Clémence Davigo, autour de la projection de son documentaire Enfermés mais vivants le 16 avril 2025. Une dizaine de participant·e·s étaient rassemblé·e·s pour le visionnage et la rencontre autour de ce film très sensible qui évoque la situation d’un couple confronté à la détention, à travers leurs souvenirs de ce temps passé, et la visite de l’ancienne prison devenue le siège d’une grande université à Lyon. Ce thème « dedans/dehors » a parlé à plusieurs membres du groupe, notamment des femmes, déjà confrontées à cette situation, et qui avaient fait part de leur émotion à l’occasion de l’arpentage de Mère Prison l’année dernière, centré sur la figure d’abnégation de celle qui attend et espère.
Clémence Davigo a pu répondre aux questions des membres du groupe, expliquer sa démarche de création, la rencontre avec les deux protagonistes du documentaire, et évoquer les conditions de détention tout en en questionnant la persistance d’un lien, amoureux, familial ou amical, malgré l’enfermement.

Le temps d’une journée, 9 personnes du groupe « Francos » du Secours Populaire et une personne suivie par le SPIP ont profité ensemble d’un temps de visite guidée du Centre International d’Art et Paysage de l’Ile de Vassivière. Cette sortie fut à la fois l’occasion de découvrir plusieurs œuvres d’art extérieures présentes de façon permanente sur l’île aux sculptures, et de visiter l’exposition de Pauline Julier, Là où commence le ciel, qui interroge notre rapport à l’espace, à l’immensité, au territoire qui nous entoure, et à notre petitesse, et résonne donc fortement, et symboliquement, avec le projet à l’année mené par le groupe autour de la thématique de l’enfermement et de la liberté. Le groupe a ensuite partagé un repas puis participé à un atelier d’écriture animé par les deux bénévoles du Secours populaire, toutes deux participantes au PREAC depuis plusieurs années et ayant donc engrangé une certaine expérience dans l’animation d’ateliers. Les thématiques déployées ont principalement porté sur la réception de l’exposition, leurs sensations concernant le lieu, les œuvres découvertes, et leur rapport au bonheur.

Après avoir partagé un repas ensemble, le groupe s’est rendu au centre culturel la Mégisserie dans le cadre de leur journée « samedi en famille » où chacun a pu participer à des ateliers organisés par l’établissement, comme des ateliers de cuisine ou de jardinage.
La journée s’est clôturée par la représentation du spectacle Jeunes rivières écrit et mis en scène par Paul Francesconi à la Mégisserie. Les participant·e·s ont été conquis par la poésie et la beauté du spectacle, et émus de voir aboutir le travail de Paul, avec qui iels partageaient des ateliers depuis déjà 8 mois.

Portrait de Mélodie Cholmé, une tasse zèbre à la main

Mélodie CHOLMÉ

Responsable des relations avec les publics et de l’action culturelle

  • Permanent·e
  • Accueil - Billetterie
  • Relations avec les publics

Galerie photos

Artistes liés

Partenaires de la médiation