RFI, radio française d’actualité diffusée en douze langues, soutient depuis toujours les talents artistiques et met en valeur, chaque jour, sur ses antennes, toutes les cultures du monde. C’est pourquoi il lui a semblé naturel de créer, en 2014, le Prix Théâtre pour encourager les nouveaux dramaturges francophones grâce à un appel à l’écriture.

Avec cette initiative, RFI renoue avec une ancienne tradition, celle du Concours inter-théâtral africain, qui de 1968 à 1993, fit découvrir des auteurs aussi importants que Sony Labou Tansi, Mohammed Dib, Caya Makhele, Michèle Rakotoson ou Kossi Efoui. Les temps ont changé, mais la créativité théâtrale est toujours là... aux Récréâtrales à Ouagadougou, au festival Mantsina à Brazzaville, à Conakry, à Kinshasa, à Limoges, à Paris…

RFI a donc décidé d’encourager cette créativité et de faire circuler ces textes et ces histoires à travers le monde en donnant un public à des jeunes auteurs prometteurs. Ce public, c’est celui de la radio soit des milliers, des millions d’auditeurs en ville ou au village, dans toutes les rondeurs du monde. Sauter toutes les frontières et faire circuler ces textes pour que vive encore et toujours ce théâtre.

Le ou la lauréat (e) est choisi(e) par un jury de professionnels.

Ce prix est le résultat d’une conviction : le théâtre est un contre-pouvoir qui dit la vie mieux que la vie.

Les lauréats

2014 : Julien Bissila pour Chemin de fer
2015 : Hala Moughanie (Liban) pour Tais toi et creuse
2016 : Hakim Bah (Guinée) pour Convulsions
2017 : Edouard Elvis Bouma pour La Poupée barbue
2018 : Sedjro Giovanni Houansou (Bénin) pour Les Inamovibles
2019 : Valérie Cachard (Liban) pour Victoria K, Delphine Seyrig et moi ou La Petite chaise jaune

Les partenaires

Le « Prix RFI Théâtre » sera remis à Limoges le 27 septembre 2020 dans le cadre des Francophonies - Des écritures à la scène.

RFI et ses partenaires offrent au lauréat un soutien professionnel et une exposition médiatique à travers : - une résidence de création scénique sur le texte lauréat au Centre Dramatique National de Normandie-Rouen ;
- une dotation financière attribuée par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) ;
- l’organisation d’une résidence d’écriture en France, à la Maison des auteurs de Limoges, financée par l’Institut français ;
- l’organisation d’une lecture proposée par Théâtre Ouvert, Centre national des dramaturgies contemporaines à Paris ;
- et enfin une promotion du texte et une mise en ondes sur les antennes de RFI.

Le Prix RFI Théâtre 2020 est décerné au Guinéen Souleymane Bah pour « La Cargaison »

Le communiqué

À la suite de cette remise de prix, l’année sera chargée pour Souleymane Bah avec plusieurs résidences d’écriture et pour la première fois cette année une résidence à la Villa Ndar à Saint-Louis, au Sénégal, qui vient s’ajouter à celle financée par l’Institut Français.

La sélection 2020 :

Suite à l’appel à candidatures pour le cinquième « Prix Théâtre RFI », treize textes inédits ont été présélectionnés pour leurs qualités littéraires, dramaturgiques et leur originalité :

Ainsi va la vie, Said-Mouhamed Ba (Sénégal)
Un clochard nous prend à témoin. Il se moque de nos peurs, de nos plaintes et met l’épidémie Covid-19 en parallèle avec les millions de morts par les guerres, le paludisme, la faim...
Un DJ l’accompagne et intervient en contrepoint de cette invective coléreuse et rythmée façon slam.

La Cargaison, Souleymane Bah (Guinée)
Des gens échoués quelque part, sous surveillance. Des voix montent de cette « cargaison » : hommes, femmes, et même un enfant dans le ventre de sa mère. Les uns se rebellent, d’autres se résignent, d’autres surveillent et punissent. Il est question d’émeute, de répression, d’emprisonnement, de cercueils et de corbillards... D’une sous-autorité qui s’élève contre une autorité. Et enfin d’une balle qui se loge dans un corps.
Un groupe d’humains en détresse compose ce chœur polymorphe.

Le Poids du ciel sur la tête, Vhan-Ohlsen Dombo (République du Congo)
Gabrielle, confinée chez elle, ne supporte plus la misère du monde et la sienne. Elle a perdu de son seul compagnon : un chien. Est-ce l’animal trouvé par le Fou dans les poubelles ? Même solitude chez Gabor, sculpteur mais, dans les rues animées du marché, il retrouve les échos du monde. L’écriture joue avec les mots et les sonorités

Le Chemin vers l’homme penché à la fenêtre, Besma Eleuchi (Tunisie)
Une femme fuit l’Homme accroupi sur le canapé. Elle va vers l’Homme penché à la fenêtre. Ils partagent leur solitude, leurs peurs, se découvrent. On suit la femme sur le chemin de la liberté, vers une autre langue que la sienne, où masculin et féminin ne coïncident pas toujours.
Entre récit, relation épistolaire et échanges dialogués, une traversée poétique où les personnages prennent les couleurs de leurs états d’âme...

Candeur carabinée, Sandra Elong (Cameroun)
Un adolescent a rejoint un groupe de rebelles, pour venger sa famille massacrée. L’enfant soldat se voit confier la garde d’un prisonnier. L’homme est son jeune oncle ; venu le tirer de là pour retrouver sa mère, survivante, et renouer avec son rêve : devenir un grand footballeur.
De la haine à la résilience.

Le Bal de l’incontinence, Djevens Fransaint (Haïti)
Un groupe d’individus improvisé en famille squatte une maison bourgeoise décrépite. Le père est le tyran de ce petit royaume. Confrontés au monde extérieur par la visite d’un médecin directeur d’une clinique et des pompes funèbres ou d’un émissaire de l’État chargé d’effacer la famille de l’Histoire, la mère et les deux fils font de la résistance.
Un théâtre absurde et cruel où chaque séquence s’articule autour d’une péripétie loufoque....

La Traversée, Mireille Gandebagni (Bénin)
Vidou et Filsterre sont en route pour « le paradis » : pas celui d’Allah mais un ailleurs, loin de leur pays gangréné par la misère et la corruption. Ils ont raté le bateau... Chacun s’en rejette la faute. Cette comédie un peu aigre prend un tour tragique : au fil du dialogue, Vidou dévoile ses vilénies... Mordu par un serpent, Filsterre ne fera pas la traversée, mais exige le repentir de son faux ami...

Hangbé, Kokouvi Dzifa Galley (Togo)
Hangbè s’adresse à la statue de son frère jumeau mourant, le roi Akaba. Elle va lui succéder sur le trône et mener une guerre victorieuse à la tête de ses amazones : les Minos. À la mort de son fils unique, elle sera contrainte d’abdiquer. Les invocations d’Hangbè à son frère et à ses guerrières, à son père puis à son fils sont accompagnées de chants et de voix multiples.
Rythmée et poétique, cette épopée rend justice à une femme légendaire qui régna de 1708 à 1711 et créa du corps des amazones du Dahomey.
Babillages, Sarah Hatem (Liban)
La Voix bleue (féminine) s’adresse à un enfant. D’autres voix lui font écho tantôt chorales, tantôt individuelles. Sous forme de huit variations musicales, Babillages traite de la guerre (celle du Liban), de l’exil : maisons quittées, jouets abandonnés... La route, le bateau, les bombes...
Ces voix tissent un paysage de mémoire, à l’aune d’enfances traumatisées.

Le Purgatoire, Naïza Fadianie Saint-Germain (Haïti)
Au purgatoire, Lili, adepte de Rimbaud et transsexuelle, donne une leçon de grammaire à la prude Juliette Capulet et à
Linda Lovelace, actrice de porno : elles doivent analyser un vers des Onze mille verges de Guillaume Apollinaire ! Tamar les rejoint avec un poème érotique de Paul Verlaine.
Les personnages anachroniques de cette comédie déjantée s’affrontent à coups de références coquines, cinématographiques et littéraires, et s’en prennent au machisme...

Palabres urbaines, Jean-Paul Tooh-Tooh (Bénin)
La pièce donne voix à un grand nombre de personnages sous forme de séquences titrées : Diarrhée ; Python sous la jupe ; Argent internet + Famille et Sorcellerie ; Famille et Polygamie. Des micro histoires s’entrecroisent tandis que l’auteur commente et questionne son texte.
Le « grand théâtre du monde », tantôt comique, tantôt polémique, tantôt tragique : un matériau polyphonique dans lequel la mise en scène peut puiser et distribuer les rôles à sa convenance...

Le Chant de la petite horloge, Jérôme Tossavi (Bénin)
Alerte dans les bureaux : un sac abandonné, un tic tac suspect ! Va-t-il exploser ? Que faire ? Les personnages s’agitent, se perdent en conjectures. Chacun s’exprime, dans l’urgence. « Chaque réplique porte potentiellement le souffle d’un personnage (de cinq à quinze) », précise l’auteur. Finalement, il y aura plus de peur que de mal.
Cette comédie renvoie autant au terrorisme qu’à une pandémie - ou à l’état explosif d’une société.

Frères de sang, Pingdwinde-Paul Zoungrana (Burkina Faso)
Un narrateur démiurge met en scène la confrontation entre un terroriste et un gendarme. Le gendarme course et rattrape le terroriste : c’est un ami d’enfance qui, après le massacre de sa famille, a rejoint le camp des Islamistes. Chacun raconte son histoire depuis la guerre civile...
Ironique, le narrateur commente leur dialogue par des diatribes monologuées, rythmées ou chantées.

Le jury 2020 :
Président : Felwine Sarr (écrivain, philosophe, économiste).
Avec le Groupe Chiendent (Nadège Cathelineau et Julien Frégé, auteurs, comédiens, metteurs en scène), Nasser Djemai (acteur, auteur et metteur en scène), Hassane Kassi Kouyaté (directeur de Les Francophonies - Des écritures à la scène), Muriel Maalouf (journaliste à RFI), Gaëlle Massicot Bitty (Responsable du Pôle Artistes & Professionnels à l’Institut français), Caroline Marcilhac (directrice de Théâtre Ouvert),Tania de Montaigne (auteure, interprète), Laurent Muhleisen (conseiller littéraire de la Comédie Française et Directeur artistique de la Maison Antoine Vitez, Centre International de la traduction théâtrale), Janvier Nougloi (directeur du Centre Culturel de rencontres internationales John Smith à de Ouidah - Benin), Valerie Senhgor, (directrice générale adjointe du Centre des Monuments nationaux et cheffe du projet du Château de Villers-Cotterêts, Cite internationale de la langue française) et Panchika Velez (Metteuse en scène, Présidente de la commission théâtre de la SACD).

+ d’info
http://www.rfi.fr

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